Le choucas enragé du joli mois de...juin


Interdit d’interdire !
Il faisait beau en mai 68. Comme ce dimanche de mai 2008 où je décidais d’aller flâner avec mes petits choucas au bord d’un plan d’eau. Pour accéder au petit lac, artificiel mais bien joli quand même, il faut passer devant un mur de panneaux. « Interdit de-ci, interdit de ça, la liste est longue. Pour dépenser son argent en buvette, resto, Pédalos ou cartes postales il n’y a pas de problèmes… Dépensez sans entrave ! Mais pour le reste… On peut tout juste bouger les oreilles. Barbecue ? Non ! Baignade ? Non ! Pêche ? Oui mais avec un permis vendu sur place. Et pour être sûr que le badaud, étourdi par la beauté du lieu, n’en vienne à prendre quelques libertés, d’autres panneaux stratégiquement plantés ponctuent le parcours pédestre. Déprimant ! C’est à se demander si ceux qui gèrent l’endroit ont fait mai 68… (Peut être du côté des CRS ?). À en croire les parents mai 68 c’était… soudain avoir le droit ! De dire ! D’exister ! De penser ! De faire ! Se saouler de liberté, de plaisir, en découdre avec les valeurs du vieux monde. Etre persuadé qu’on allait changer la société. Pour d’autres ce n’était qu’une bande de braillards parisiens. Des cocos, des drogués, des dépravés, des fainéants !!! Bref difficile de faire le bilan. Une seule chose est sûre… sous les pavés, le fric ! La récup va bon train, mai 68 est en passe de devenir une marque déclinable en tee-shirt, autocollants etc. Le Che a connu un sort identique. Il voulait la révolution et a fini en tasses à café, posters, cartes postales… Pour en revenir à nos montagnes, il semble également difficile de savoir quels sont les acquis de mai 68 alors qu’on légifère sur tout. On pense même a installer un péage en bas du Mont-Blanc… Tenez un autre exemple : depuis quelques années les motards en visite à Annecy ont pris l’habitude de poser leur monture le long du Quai Vicenza. Avec le temps les motards se sont passé le mot et certains dimanches ensoleillés des dizaines de gros cubes s’offrent au regard des promeneurs. Tout le monde y trouve son compte. Les motards viennent de loin et dépensent leur argent dans la vieille ville et les promeneurs ont une attraction supplémentaire. Au final ces motos gênent qui ? Personne ! Et pourtant. Il a fallu qu’on trace un trait sur le sol, qu’on plante des panneaux. Au-delà du trait pas de motos ! Sinon c’est la fourrière. Interdit de se garer. Mais pourquoi ? Pourquoi légiférer sur tout ! Entre interdit d’interdire et tout codifier, tout encadrer, tout contrôler. Il n’y aurait pas une autre alternative ? De grâce, je ne demande pas à jouir sans entrave, simplement me balader sans avoir à lire des dizaines de panneaux d’interdictions…
Par Pouj, Mercredi 4 Juin 2008 à 15:38 GMT+2 dans No pasaran ! (article, RSS)











