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Pas bio les biocarburants !

Le bio étant paré de toutes les vertues il suffit de se dire bio pour qu'immédiatement des troupeaux de moutons élevés chez Pernaut adhèrent sans réserve...

Alors au final le biocarburant est il bio ? Faisons le calcul...

L'huile de colza ou de tournesol présentent un certain intérêt pour les engins agricoles, à condition d'être produites après une prairie temporaire qui a eu le temps de se recharger en carbone et en azote etc., qui peut donc se passer temporairement d'engrais artificiel et éventuellement de traitement phytosanitaire. Sinon, le bénéfice est largement entamé, pour ne pas dire plus.
Le diester et l'éthanol ne sont que des pis-aller.
Pour obtenir de bons rendements avec les cultures « énergétiques » (colza, tournesol, betteraves...), il faut répandre  au moins 600kg/ha d'engrais artificiel fortement assaisonné d'oligo-éléments de plus en plus rares dans les sols.  Le labourage classique à 25 - 30 cm de profondeur, libère déjà  jusqu'à une tonne de CO2/ha. Peu de gens le savent.
Les engrais artificiels sont, en grande partie, tirés des hydrocarbures, notamment du méthane. Il faut au total, 2 TEP, voire 3, pour en produire 1 tonne : donc, grosse dépense d'énergie fossile et  dégagement de CO2. Remarque : On en consomme 11 à 12 millions de tonnes, par an, en France. Voilà pourquoi on peut mettre 1,6 million d'hectares en jachère et malgré tout, avoir des excédents agricoles qui ne sont que du pétrole et du méthane transformés en matière végétale et en viande avec un gaspillage énergétique énorme, dans les élevages industriels.
Le fonctionnement des engins agricoles pour une campagne de culture nécessite environ 200 litres de gazole, 240 s'il s'agit du « biocarburant ». Au final, cela donne environ 1,2 TEP à l'hectare dont le tiers au moins provient des hydrocarbures, soit 400 litres.
La fabrication du diester ou de l'éthanol entraîne, de nouveau, une grosse dépense d'énergie (généralement du fioul ou du gaz). Pour que la distillation se fasse, il faut chauffer le mou à 80°, au moins. N'oublions pas non plus l'énergie dépensée dans la construction de l'usine et dans l'entretien du matériel. En définitive, le diester et l'éthanol rejettent plus de CO2  et polluent beaucoup plus  que le gazole utilisé tel quel. Le recyclage annuel  du CO2 dégagé par les « biocarburants » est complètement balayé. Il est même loin de contrebalancer le CO2 dégagé pour les produire.  Un autre avatar est l'impact désastreux de ce genre de culture sur nos terres agricoles déjà appauvries par 60 ans de surexploitation.
 

 

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